L'enluminure au moyen-âge
L'enluminure est l'art d'écrire de façon décorative, afin d'éclairer un texte - au sens propre comme au figuré . C'est un art très ancien, indissociable du parchemin : on ne doit pas parler d'enluminure si l'oeuvre n'est pas totalement créée de la main de l'artiste - elle doit par conséquent être unique.
Ces oeuvres au moyen-âge se trouvaient dans les livres, généralement reliés sous forme de codex. Cette forme permettait un transport facile et une protection des pages contre la lumière et les salissures qui a permis à certaines d'entre elles de nous parvenir intactes.
Le papyrus, quoique toujours présent au moyen-âge dans certains domaines particuliers, présente une surface striée qui le rend difficilement adapté à la pratique de l'enluminure.
Les oeuvres qui ne sont pas liées à un texte (ne serait-de que parfois réduit à une lettre, ou même suggéré), ou qui sont multipliées (xylographie, pochoirs,..) doivent donc porter d'autres noms ( imagerie, fresques, ou même miniatures....)
Il existe un certain nombre de conventions iconographiques pour éxécuter une enluminure, mais celles-ci ont varié dans le temps et dans l'espace ( pays, abbayes,..) et ont toujours laissé au copiste une marge suffisante pour exprimer son art et le faire évoluer. Si les mots du texte sont (presque) fidèlement recopiés, le dessin est toujours légèrement différent.
Les outils
Les techniques
De nos jours
Les outils au moyen-âge
la plume
C'est l'outil le plus connu . Généralement d'oie (mais aussi corbeau, et tous oiseaux de grande taille), elle est taillée avec un couteau. La largeur de son bout plat détermine la largeur du trait. On utilise aussi des roseaux taillés en pointe (calame).
le couteau
Pour tailler les plumes, gratter le parchemin, etc...
règle et compas ( à pointe sèche )
servent à règler le parchemin
récipients
coquillages, récipients en terre,...
pinceaux
soit en poils de mammifères
soit plumes de bécasse petite plume située à l'extrémité de l'aile

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Les techniques au moyen-âge
Du fait du prix du parchemin et des pigments, il est hors de question de recommencer plusieurs fois ! On fait donc une ébauche avec un style ( petite tige généralement métallique ) sur une planche de bois recouverte de cire .
On détermine d'abord les emplacements en traçant des lignes fines :
le texte proprement dit, qui sera exécuté à l'encre brune ou noire .
les lettrines ( initiales enluminées )
la rubrique ( du latin rubrum = rouge ) ; c'est à dire les têtes de chapitre ou de paragraphe ; exécutés au minium
les autres dessins
les encadrements
Ce ne sont pas toujours les mêmes personnes qui vont faire l'ensemble du travail : certains moines sont spécialisés dans le texte , d'autres dans l'illustration .
Le dessin a souvent une symbolique très précise : il sert aussi à expliquer le texte à celui qui ne sait pas lire . C'est un peu l'ancêtre de la bande dessinée d'aujourd'hui .
(voir le dossier de la BNF)
Les pigments sont appliqués de façon différente et leur composition est la première oeuvre de l'artiste : ce ne sont jamais des couleurs normalisées mais toujours de savantes recettes .
La plupart du temps, le point de mire est la feuille d'or... si l'on en a les moyens ! On utilise aussi la feuille d'argent, de cuivre...
Au début du moyen-âge, le fond du dessin est généralement doré ( comme les icônes ) puis les progrès de la technique et des échanges commerciaux ont fait varier et s'enrichir les styles à l'infini . Traditionnellement, le dessin est cerné d'un trait d'encre pour le faire ressortir ( comme la bande dessinée, encore une fois ) . A partir du XIV ème siècle, on n'utilisera plus systématiquement ce procédé (invention de la gouache) .
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De nos jours
L'enluminure et le parchemin n'ont évidemment plus de fonction utilitaire... Ils restent uniquement dans le domaine artistique ou scientifique .
La copie et l'étude précise du passé sont le domaine de la recherche et de l'enseignement . Il existe une somme considérable de travaux sur le sujet . Pour ceux qui voudraient en savoir plus :
le site de la BNF comporte plusieurs études sur l'histoire de l'écriture :
Naissance des écritures
Matières et formes des supports de l'écrit
La page
Quant au travail de l'artiste, il se doit d'être une recherche permanente : s'appuyant sur le travail des anciens, il ne doit pas rejeter les nouvelles techniques - à une condition cependant : elles ne doivent surtout jamais servir à standardiser .